Retour sur l'évènement majeur de la semaine dernière, à savoir la conférence "Le Mobile 2.0". Tout d'abord, mes remerciements vont au public qui a répondu massivement présent cette année encore puisque l'édition 2008 a réuni plus de 200 participants! Une journée riche en informations et en débats qui a eu pour fil conducteur: Comment construire un écosystème mobile favorisant l'innovation? Difficile de revenir en détail sur l'ensemble des débats qui ont émaillé cette journée. Néanmoins, je peux déjà vous recommander un billet publié par le Blog "Mobile Commerce" qui propose une bonne synthèse de la journée (J'aurai d'ailleurs bientôt l'occasion de revenir sur les promoteurs de ce blog qui ont pas mal de projets en matière de Mobile 2.0!) . Par ailleurs, voici également quelques articles publiés par la presse.
Au-delà de l'intensité des débats qui ont marqué cette journée, c'est le dynamisme de l'écosystème des jeunes-pousses actives dans tous les secteurs de la mobilité en France (UGC, LBS, M-marketing...) qui a retenu toute mon attention. Cette vitalité contraste parfois avec les statistiques décevantes d'utilisation des services mobile-data (La moyenne européenne d'utilisateurs réguliers des services mobile-data se situerait autour de 10% de l'ensemble des utilisateurs mobiles selon les études de Jupiter Research). Il est vrai que l'ensemble des acteurs présents ont réaffirmé que plusieurs indicateurs étaient progressivement passés au vert au cours de ces derniers mois (disponibilité de terminaux performants équipés de "full browsers", amélioration des techniques de transcoding permettant d'améliorer l'expérience utilisateur, disponibilité de réseaux 3G haut-débit, développement de formules tarifaires adaptées avec la généralisation des forfaits illimités...) et que nous trouvions encore dans une phase d'apprentissage (Test & Learn), tant en ce qui concerne les offreurs que les utilisateurs.
Quelles sont, dès lors, les autres raisons susceptibles d'expliquer un tel engouement?
Cette effervescence de l'écosystème trouve tout d'abord son origine dans l'internetisation du secteur mobile qui réduit d'autant le ticket d'entrée technologique pour le développement d'applications par ces jeunes-pousses. La diminution sensible du coût de développement de solutions de type Widget constitue sans doute la plus récente illustration de ce phénomène.
La seconde raison de cet essor réside très probablement dans la rapide montée en puissance du "Off portal" au détriment des offres "On portal" proposées par les opérateurs et qui deviennent davantage aujourd'hui des offres par défaut dont les utilisateurs se détournent de plus en plus. Les usages les plus massifs de l'Internet mobile se retrouvent en effet aujourd'hui dans l'envoi et l'échange de contenus, souvent auto-produits par les utilisateurs eux-mêmes. De ce point de vue, l'arrivée sur le marché de versions "mobiles" des principales plate-formes de services sociaux représente un véritable accélérateur de l'Internet mobile.
Troisième constat, le développement d'un important écosystème basé sur le "Off" est emblématique de la rupture qui est en train de se réaliser en ce qui concerne les futurs modèles d'affaires. Les opérateurs eux-mêmes ont parfaitement compris que le modèle actuel de Walled Garden ne sera bientôt plus pertinent. Si on veut véritablement que les prochaines années soient celles du décollage de l'Internet mobile, il sera insdipensable de procéder à une refondation de l'écosystème dans toutes ses composantes. A côté des modèles existants, on voit également émerger des nouveaux business-models basés sur la publicité mais le développement de ceux-ci demeure conditionné à l'existence de volumes qui n'existent pas encore aujourd'hui. Dans cette perspective, les opérateurs gagnants seront ceux qui sauront accompagner cette mutation en sachant à la fois encourager, partager et sécuriser.
Encourager l'ensemble des acteurs de la chaîne de valeur mobile en étant capables de constituer un pôle de compétence, de financement et de promotion qui soit suffisamment attractif pour faire venir à eux les jeunes-pousses les plus prometteuses. De ce point de vue, des initiatives telle que celle d'Orange avec Orange Valley ou encore celle de SFR avec SFR Développement ( plus de 400 start-up rencontrées par les responsables de SFR l'an dernier, 13 partcipations financières) constituent des initiatives qui vont dans la bonne direction pour construire les offres de demain. Ce rôle d'animateur suppose néanmoins de renoncer à la bonne vieille technique de l'étouffement, qui conduit encore trop souvent, les opérateurs, sous couvert d'une stratégie officielle de croissance externe, à acquérir des jeunes-pousses dans le seul but brider l'innovation au profit de la rente. Si au contraire, ce rôle est conçu comme un levier pour dynamiser l'innovation, il sera possible pour les opérateurs d'épargner en R&D (domaine où ils sont généralement faibles) et de gagner en vitesse d'exécution ) dans la mise en place des nouvelles offres de services (en prenant directement pour leurs propres besoins des solutions sur "étagère"). L'espace innovation récemment mis en place par SFR permet, par exemple, de soumettre directement aux suffrages du consommateur final des solutions third party via un site Web dédié.
Partager les fruits de la croissance de l'Internet mobile avec l'ensemble des composantes du nouvel écosystème mobile. Loin des modèles de Walled garden, il s'agira ici de concrétiser une évolution dont les prémices se font déjà sentir aujourd'hui et qui passera par une capacité à nouer des partenariats équilibrés ayant pour effet de favoriser l'accès et la promotion de telle application ou de tel service qui constitueront autant d'accélérateurs des usages mobiles. Les bénéfices de ces accords sont évidents pour chacune des parties, à savoir retour sur investissements, différenciation et fidélisation pour les opérateurs, visibilité et monétisation pour les offreurs tiers.
Sécuriser car les opérateurs de demain seront avant tout devenus des opérateurs de notre vie quotidienne. A ce titre, ils fourniront les garanties de confiance que réclamera la juxtaposition de notre vie réelle et de notre vie numérique, notamment pour tout ce qui relèvera de la gestion de nos identités numériques, ou encore de la sécurisation de nos transactions issues du m-commerce.
Enfin, il est important de souligner que cette nouvelle dynamique d'innovation qui est en train de naître ne se transformera en réalité commerciale que si le consommateur voit très clairement quels sont, pour lui, les bénéfices de ces offres d'Internet mobile. Or, c'est bien cette dernière exigence qui fait aujourd'hui cruellement défaut dans l'offre de l'écosystème mobile.





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